Ma série Screaming Trees, née de déambulations nocturnes, propose un dialogue singulier avec les arbres. À la manière d’une exploration anatomique, elle réinvente mon propre univers à travers le leur : une réorganisation des formes où l’émergence d’un nouvel ordre lie le monde réel à mes paysages intérieurs.
Ce travail assume une approche empathique. Je photographie les arbres comme on écoute quelqu’un qui parle bas en s’approchant, en laissant le temps faire son travail.
La série suit l’ordre même de sa naissance. La nuit est venue la première, des lumières projetées sur l’écorce, un geste presque théâtral. Puis l’obscurité s’est resserrée, jusqu’à une braise cachée sous la mousse : Screaming Trees, le point de bascule d’où naît le second temps de la série. Le jour vient ensuite, et ce qu’il révèle : une forêt traversée par des canicules et des incendies successifs, où la lumière naturelle porte la trace d’un feu réel, celui que la nuit avait d’abord mis en scène.
Ce parcours n’est pas une construction éditoriale : c’est la chronologie exacte de dix années passées à photographier les arbres.



